Dar al Amal : oser aller plus loin


3 août 2026

Au début, aller plus loin peut sembler difficile.

Prendre un nouveau chemin, utiliser un transport que l’on ne connaît pas, entrer dans un lieu où l’on n’est jamais allée ou découvrir un environnement inconnu demande parfois du courage.

Pour certaines femmes de Dar al Amal, se déplacer librement, explorer de nouveaux endroits ou participer à des activités en dehors de leur quotidien n’a pas toujours été une évidence. Le manque de repères, la barrière de la langue ou simplement l’habitude de rester dans un environnement familier peuvent limiter les possibilités de découverte.

Mais à Dar al Amal, chaque sortie devient une nouvelle étape.

Un premier trajet en métro. Une première balade à vélo. Une première visite culturelle. Une première découverte de la nature.

Petit à petit, ce qui semblait compliqué devient possible. Les femmes apprennent à se déplacer autrement, à explorer leur environnement et à prendre pleinement leur place dans les espaces qui les entourent.

 

Le vélo : avancer vers plus de liberté

Pour les participantes de Dar al Amal, apprendre à faire du vélo représente bien plus qu’une activité sportive.

C’est une découverte de leurs propres capacités.

Certaines femmes montent pour la première fois sur un vélo à l’âge adulte. Les premiers essais peuvent être hésitants, mais la confiance grandit à chaque progrès. Ensemble, elles apprennent, s’encouragent et partagent la fierté de franchir de nouvelles étapes.

Cette année, le projet vélo a continué à renforcer cette autonomie grâce aux cours pour débutantes, aux sorties pour cyclistes plus expérimentées et aux ateliers de réparation organisés avec des partenaires comme Molembike et les ateliers de la rue Voot.

Grâce au soutien de Vélo Solidaire, dix femmes ont également reçu leur propre vélo. Parmi elles, Layla, originaire d’Afghanistan, a particulièrement inspiré le groupe : elle a appris non seulement à rouler, mais aussi à réparer son vélo avant de le recevoir officiellement lors de la fête de clôture.

Au total, 14 brevets de cyclisme ont été remis cette année. Derrière ces chiffres se trouvent surtout des femmes qui ont découvert qu’elles pouvaient aller plus loin qu’elles ne l’imaginaient.

 

Découvrir de nouveaux horizons, pas à pas

L’autonomie se construit aussi dans les déplacements du quotidien.

Prendre le train, le métro, le Waterbus ou les transports en commun peut sembler simple, mais représente parfois un véritable pas en avant pour des femmes qui manquent de repères ou de confiance.

Au fil des sorties, les participantes apprennent à préparer un itinéraire, à se déplacer dans de nouveaux endroits et à découvrir des lieux qu’elles n’auraient peut-être jamais visités seules.

De Bruxelles à ses environs, elles explorent des espaces variés : la Ferme Nos Pilifs, les Serres Royales, le domaine des Trois Fontaines, Parckfarm ou encore les nombreux espaces verts de la région.

La nature occupe une place particulière dans ce parcours. Pour certaines femmes, découvrir la Forêt de Soignes ou d’autres espaces naturels proches de Bruxelles est une véritable révélation.

Comme le raconte Myriam, bénévole à Dar al Amal :

« J’habite à Bruxelles depuis tant d’années et je ne savais pas qu’il y avait une forêt aussi immense à seulement 25 minutes de métro ! »

Ces moments ne sont pas de simples loisirs. Ils permettent aux femmes de découvrir leur environnement autrement et de renforcer leur sentiment d’appartenance.

 

Oser franchir les portes de la culture

Aller plus loin, c’est aussi oser entrer dans des lieux qui peuvent sembler éloignés du quotidien.

Au cours de l’année, les femmes de Dar al Amal ont découvert des musées, des expositions, des spectacles et des lieux culturels en Belgique. Pour certaines, il s’agissait d’une première expérience.

Du Musée des Sciences Naturelles au MigratieMuseumMigration, de Bozar à la Monnaie, chaque visite est une invitation à découvrir de nouveaux univers.

Grâce au programme « Un pont entre deux mondes » de la Monnaie, certaines participantes ont notamment assisté à des répétitions d’opéra. Un lieu qui pouvait sembler inaccessible est devenu un espace de découverte, d’émotion et de curiosité.

Ces expériences montrent que la culture n’est pas réservée à certains publics. Les femmes de Dar al Amal y ont toute leur place.

 

Chaque pas ouvre le suivant

Au fil des mois, les frontières du quotidien deviennent moins grandes.

Ce qui semblait difficile devient possible. Ce qui semblait éloigné devient accessible.

Une femme qui apprend à faire du vélo gagne une nouvelle liberté. Une femme qui ose prendre les transports seule découvre une nouvelle autonomie. Une femme qui entre pour la première fois dans un musée ou découvre un nouvel endroit réalise que ces espaces lui appartiennent aussi.

À Dar al Amal, chaque déplacement raconte une histoire de confiance retrouvée. Chaque sortie, chaque découverte et chaque nouveau trajet sont autant de petits pas vers un monde qui devient peu à peu plus accessible.

Après avoir retrouvé confiance ensemble et appris à aller plus loin, certaines femmes deviennent à leur tour des repères pour d’autres. C’est cette force collective et cette solidarité qui seront au cœur du prochain article de cette série.

Retour