Que prévoit le Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale en matière de ACS/GECO ?


Johan Leman, 15 avril 2026

L’accord de gouvernement indique explicitement que le système des contractuels subventionnés (ACS/GECO) sera « monitoré et évalué ». Sur le papier, aucune suppression linéaire du système n’est annoncée, mais bien une réforme. L’objectif de cette réforme serait de mieux adapter le système aux besoins des secteurs et des organisations. Le ministre compétent ne supprimerait pas le système, mais le réorienterait (avec l’ambition d’atteindre une plus grande efficacité et un meilleur ciblage des publics).

Toute personne ayant un minimum d’expérience du monde politique sait qu’il faut rester prudent. Les politiciens qui « réforment pour améliorer » finissent le plus souvent par « licencier pour économiser ». D’autant plus que, lorsqu’on examine le budget 2026, des économies sont déjà effectivement mises en œuvre. Ainsi, certaines propositions visent à réduire des subsides, par exemple de 100 % à 95 %. Les signes d’une logique générale d’austérité dans la politique de l’emploi sont manifestes.

Et les conséquences sont déjà visibles sur le terrain. Dans certaines organisations, des contrats subventionnés ont déjà été arrêtés. Chez Visit Brussels, des dizaines d’emplois sont ainsi menacés du jour au lendemain.

La question légitime est donc de savoir s’il ne s’agira pas plutôt d’un démantèlement que d’une recherche d’efficacité. On peut d’ailleurs se demander d’où un cabinet pourrait soudain tirer, en quelques semaines, tout le savoir-faire nécessaire pour déterminer de manière intellectuellement honnête ce qui est efficace ou non. Je sais bien que les collaborateurs de cabinet ont parfois tendance à croire que leur nomination s’accompagne d’un surcroît de compétence, mais cela reste à démontrer…

Le fait est qu’aujourd’hui, des centaines d’emplois dépendent des ACS/GECO. Les réformes prévues par le ministre régional de l’Emploi risquent, en réalité, de devenir synonymes de pertes d’emplois et de réduction des services. Telle est la réalité.

À un moment où la politique bruxelloise prétend que certains « projets » manifestement surfinancés en dehors de ces quartiers feraient soi-disant revivre les quartiers plus pauvres, tout en étranglant dans ces mêmes quartiers les associations réellement engagées dans la vie locale, on atteint évidemment un sommet de cynisme — mais cela ne surprend plus depuis longtemps. Reste à voir ce que le Gouvernement bruxellois compte faire et comment il justifiera ensuite de tels déséquilibres.

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