Que faut-il retenir de l’affaire de la place Lemmens à Cureghem ?


Johan Leman, 27 octobre 2025

En septembre 1980, j’ai publié dans La Revue Nouvelle un article intitulé « Un quasi-ghetto à Anderlecht ». J’y parlais de la place Lemmens et utilisais des termes tels que « isolement étonnant de ce quartier », « barrières psychologiques », un quartier « à la marge d’une zone crépusculaire ». Entre-temps, un demi-siècle s’est écoulé. À l’époque, les habitants étaient d’origine sicilienne et considérés comme marginaux par les Siciliens qui vivaient de l’autre côté de la chaussée de Mons.

Ce que j’ai constaté, lorsque je m’y suis promené quelques décennies plus tard, c’est que les Siciliens d’alors avaient quitté le quartier et avaient été remplacés par des personnes d’une autre origine ethnique. Mais le quartier avait conservé sa réputation d’insécurité. Je ne sais pas qui y vit aujourd’hui ; probablement d’autres personnes encore. Mais aujourd’hui, la place Lemmens  est considérée comme une zone ‘no-go’ pour les agents de stationnement. (voir Bruzz)

La leçon à en tirer ? Le climat socialement désagréable qui y règne n’est probablement pas déterminé par l’origine ethnique des habitants, mais par le fait que la sous-culture dominante n’a pas été suffisamment brisée pendant 50 ans. On brise ce genre de choses en rendant à nouveau le domaine public sûr. Car si, pendant 50 ans, ce quartier a été habité par des gens tout à fait  corrects, ce sera probablement encore le cas aujourd’hui. Cependant, ils n’osent pas s’opposer à quelques caïds qui contrôlent la vie dans la rue. Tant que les autorités ne briseront pas cette situation par des contrôles ciblés et soutenus et par l’implantation d’une institution qui ouvrira le quartier, on continuera à parler de la place Lemmensplein comme d’une zone « no-go » dans quelques décennies. Qu’après 50  ans ce n’est toujours pas comme il faut,… il faut le faire.

https://www.bruzz.be/actua/mobiliteit/anderlechtse-lemmenswijk-al-tien-jaar-een-no-gozone-voor-parkeerwachters-2025-10

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