Police et jeunes : le dialogue (2)
Johan Leman, 1 juin 2026
Ceci est une suite de mon blog d’il y a deux semaines, avec quelques réflexions supplémentaires.
- Ce qui est très présent chez certains policiers, c’est l’idée que les parents interviennent trop peu pour maintenir leurs jeunes dans le droit chemin. Leurs observations : « Où est l’autorité parentale ? Pourquoi certains parents n’assument-ils pas leurs responsabilités ? » Ces questions peuvent se comprendre. Mais comme le font remarquer certains policiers eux-mêmes : c’est en réalité l’autorité dans l’ensemble de la société qui est sous pression. Comme l’a formulé quelqu’un : « C’est le prix que nous payons pour notre conception de la liberté. »
- De leur côté, certains jeunes estiment que les policiers gagneraient beaucoup en crédibilité auprès des jeunes si, lors d’un premier contact, ils se montraient plus gentils. « Être gentil lors d’un premier contact, même lors d’un contrôle, ne coûte pas grand-chose, mais cela peut susciter beaucoup de bonne volonté. Pourquoi un premier contact lors d’un contrôle doit-il souvent être brutal ? »
- Tout le monde semble également d’accord sur le fait que le risque, pour les personnes travaillant dans la police, est qu’après des années elles finissent par développer une vision en tunnel : dans le cadre de leur métier, elles sont surtout confrontées à des situations problématiques. Le risque est qu’au bout de plusieurs années dans certains quartiers, ils ne voient plus que les problèmes et non les aspects positifs.
- La « bruxellisation » de la police reste un problème. Beaucoup de policiers viennent encore de l’extérieur de Bruxelles. Ils sont les bienvenus, mais cela entraîne un important turnover. Entre-temps, un autre phénomène apparaît : parmi les Bruxellois eux-mêmes, beaucoup de policiers quittent Bruxelles lorsqu’ils souhaitent acheter une maison, car les prix de l’immobilier dans la capitale deviennent trop élevés.
J’ai consacré deux blogs au dialogue entre la police et les jeunes, parce que ce dialogue est essentiel. Une attitude qui empêche le dialogue ou refuse de l’engager est une attitude qui n’offre pas d’avenir positif. Le commissaire divisionnaire Demelin, dans la zone de Molenbeek, Koekelberg, etc., en a fait une priorité afin d’améliorer cette relation. En tant que Foyer et comme musée MMM, nous soutenons pleinement cette initiative.
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