Police et choix politiques : une militarisation stigmatisante ou un renforcement du capital social ?


Johan Leman, 20 octobre 2026

Autrement dit : faut-il ajouter une dimension militarisée à l’action policière, ou faut-il plutôt améliorer la coopération avec le monde de l’enseignement et le secteur associatif ?

Chez de nombreux garçons issus des quartiers populaires, la culture de la rue domine l’espace public. À cela s’ajoute un décalage entre l’école et le marché du travail et l’ensemble crée un véritable terreau de frustrations.

Ces mêmes garçons s’approprient certaines parties de l’espace public. Toute personne qui pénètre dans leur espace est censée se montrer amicale et, de préférence, être quelqu’un qu’ils peuvent identifier et situer. Les personnes en uniforme ne répondent pas à ces critères. C’est là que réside une partie du problème. Peut-on résoudre cette situation en déployant davantage de militaires ? Certainement pas.

La société officielle, celle des uniformes, est perçue comme stigmatisante. L’uniforme et la personne qui le porte incarnent, de la manière la plus visible qui soit, l’instance qui stigmatise ! Certains pouvoirs informels présents dans les quartiers ont d’ailleurs tout intérêt à ce que cette perception ne change pas.

Quiconque souhaite sincèrement le bien de la société doit se demander comment faire de l’« uniforme » — celui de la police ou d’autres intervenants officiels — une composante intégrée et intégratrice d’un quartier ou d’une communauté, sans pour autant abaisser les exigences en matière de normes et de règles. Si le prix à payer est le laxisme, alors c’est une évolution préoccupante. Entre-temps, l’internationalisation croissante, dans une certaine mesure, et l’augmentation du trafic de drogue dans les quartiers sont venues s’ajouter à la situation, ce qui ne facilite pas les choses.

Réfléchissons-y. En tant que société, allons-nous laisser la militarisation accentuer la stigmatisation, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des quartiers concernés, afin de maintenir l’ordre ? Ou allons-nous investir dans les acteurs qui favorisent l’intégration au sein des quartiers — les écoles et les associations — et qui contribuent à réduire la stigmatisation, à condition, bien entendu, qu’ils s’y engagent de manière réelle et concrète ?

Tel est le choix politique qui doit être fait.

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