Johan Leman, 9 juin 2023
L’accord :
1. Les demandeurs d’asile provenant de pays d’origine, dont les personnes devraient en fait avoir peu d’espoir d’être reconnues, feront l’objet d’une procédure accélérée en Italie et en Grèce. Concrètement, des centres d’asile fermés seront mis en place dans ces pays pour traiter les demandes d’asile des personnes qui ont peu de chances d’être reconnues.
2. L’objectif pour l’Italie est de traiter 120 000 demandes d’asile par an dans ces centres fermés. Mais pour atteindre ce chiffre, l’Italie dispose d’un délai de 3 ans.
3. Si un État de première ligne comme l’Italie ou la Grèce se trouve sous pression parce qu’il doit accueillir trop de demandeurs d’asile, les autres pays de l’UE feront preuve d’une solidarité obligatoire. L’un d’entre eux prend le relais ou verse 20 000 euros par demandeur d’asile.
4. Les expulsions sont effectuées vers les pays d’origine ou d’autres pays (de transit) avec lesquels le migrant a un lien.
En ce qui concerne la solidarité obligatoire, la décision est prise à la majorité, mais il y a des objections. La Pologne et la Hongrie s’y opposent. La Slovaquie, la Lituanie, Malte et la Bulgarie s’abstiennent. La République tchèque rappelle qu’elle accueille déjà beaucoup d’Ukrainiens.
Un débat sur les 4 points doit maintenant s’ouvrir au Parlement européen. La Belgique devra conclure ces négociations sous sa présidence au premier semestre 2024.
Commentaires, difficultés à prévoir : (a) les négociations avec les pays d’origine concernés doivent encore être entamées, (b) comment se comporteront les pays de transit si l’on veut y renvoyer quelqu’un ? La Tunisie par ex.. L’Iran est également un pays de transit pour de nombreux Afghans. Quid de la Turquie ? (c) D’autres routes, qui existent déjà, ne seront-elles pas activées ? (par exemple, la route de l’Arctique, la route des frontières orientales,…).
Conclusion. Oui, l’UE s’oriente enfin vers une approche plus européenne de la crise de l’asile. C’est un point positif. Mais concrètement, il faut se rendre compte que l’on ne facilite pas la tâche des vrais demandeurs d’asile de ces pays, qui, il est vrai, ne constituent pas la majorité des demandeurs d’asile de ces pays. La vie leur est rendue plus difficile. Par ailleurs, cet accord n’implique pas encore que l’Union européenne se dote d’une véritable politique migratoire. L’accord se limite à une tentative de mieux gérer la crise de l’asile.
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