Johan Leman, 16 mars 2026
Anderlecht : les chiffres les plus récents sur le décrochage scolaire
Message adressé à Foyer vzw par Edwin Verdoolaege, que nous reprenons volontiers sur notre blog.
« Anderlecht, côté enseignement néerlandophone, a enregistré un peu moins de 4.000 décrocheurs scolaires au cours des 14 dernières années, depuis l’année scolaire 2010-2011.
Mais étant donné que la population est légèrement plus importante qu’à Molenbeek-Saint-Jean, la part de l’enseignement néerlandophone dans l’ensemble de l’enseignement oscille autour de 21-22 %, soit un peu moins qu’à Molenbeek. Néanmoins, cela reste une bonne mesure de la situation générale de l’enseignement (puisque nous ne disposons pas de ces données détaillées du côté francophone).
On constate également que l’évolution est différente de celle de Molenbeek : il n’y a pas la réaction brutale observée autour de 2015-2016 (attentats de Zaventem en mars 2016). Mais on observe néanmoins un plateau de mauvais résultats chez les garçons entre 2014 et 2018 et, comme à Molenbeek, un écart important entre les résultats des garçons et ceux des filles. Il est donc important de continuer à distinguer les données selon le genre.
Mais la grande inquiétude concerne évidemment l’évolution récente à Anderlecht, où le décrochage scolaire chez les garçons montre une forte hausse jusqu’à 37,5 %, en contraste marqué avec les 14,3 % chez les filles. Un rapport de 2,5 pour 1, preuve qu’il se passe quelque chose d’anormal. L’attention médiatique portée à la problématique locale de la drogue a sans doute déclenché certains processus ayant conduit à des décisions irrationnelles. (…)
Nous examinons ensuite la situation au niveau des filières d’études. Dans l’enseignement général, à la fin de l’année scolaire 2023-2024, on compte 8,2 % de décrocheurs scolaires, répartis également entre garçons et filles — ce qui est très remarquable. Ce chiffre monte à 26,1 % dans l’enseignement technique, avec 14,7 % chez les filles et déjà 37,1 % chez les garçons. Mais comme à Molenbeek, c’est l’enseignement professionnel qui constitue la plus grande source d’inquiétude, avec 44,8 % de décrochage scolaire précoce (et même 63,0 % chez les garçons).
Ce sont surtout des élèves issus de familles vulnérables qui se retrouvent dans l’eneignement profesionnel, ce qui rend la situation évidemment doublement préoccupante et peut éventuellement conduire à une radicalisation et à d’autres effets sociétaux indésirables. »
Nous publions ceci afin que des mesures soient prises face au décrochage scolaire beaucoup trop élevé dans l’enseignement professionnel. Cela doit changer. Qui maintient des écoles ouvertes avec un taux de décrochage aussi élevé tout en négligeant d’y remédier de toute urgence ? Et non, nous n’en faisons pas porter la responsabilité aux écoles elles-mêmes ni aux enseignants.
