Johan Leman, 2 septembre 2026
« L’essere odiati fa odiare. »
(P.P. Pasolini, 16.06.1968)
Formulé de manière plus générale : Le fait d’être soi-même haï ou de se sentir l’objet de la haine (sociale, familiale ou autre) amène les gens à haïr à leur tour. Pier Paolo Pasolini l’a écrit un jour.
Cela me fait penser aux relations difficiles que certains jeunes (sans généraliser !) entretiennent avec la police et, plus largement, avec les « uniformes ». Certains jeunes ont, à tort ou à raison, le sentiment d’être constamment pris pour cible, voire d’être détestés, et en viennent eux-mêmes à prendre pour cible et à détester ceux dont ils soupçonnent qu’ils les détestent.
Est-ce que je cherche ainsi à approuver leur comportement ? Est-ce que je veux les materner ? Est-ce que je veux rejeter la faute sur « nous » ? Est-ce que je prétends qu’il n’y a pas de jeunes qui n’ont tout simplement aucun scrupule ? Non, absolument pas. Mais je pense qu’il peut néanmoins être utile d’essayer de comprendre ce sentiment de frustration réciproque (et parfois de haine) qui existe parfois, et de tenter de le transformer.
Pasolini écrivait d’ailleurs cela dans un contexte totalement différent : il constatait à l’époque que des jeunes issus de milieux pauvres qui devenaient policiers étaient considérés comme des traîtres par leurs anciens amis et par leur quartier d’origine.
Depuis un certain temps déjà, l’un des axes importants du travail du Foyer consiste à essayer d’améliorer les relations entre la police et les jeunes. La formule a déjà été quelque peu expérimentée, notamment avec le MigratieMuseumMigration, et elle donne des résultats plutôt encourageants. La direction de la police de la zone dont Molenbeek fait partie y est d’ailleurs très ouverte.
Une première initiative que nous prenons maintenant, au début de cette nouvelle année de travail au Foyer, est l’organisation d’un « mixed relay » réunissant policiers et jeunes, le samedi 12 septembre à 13h30. En plein cœur de Molenbeek, nous voulons montrer que les jeunes et la police peuvent parfaitement faire du sport ensemble et s’entraider, et ce dans des lieux particulièrement chargés sur le plan symbolique.
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