Johan Leman, 31 mars 2026
En annexe : les données relatives aux élèves quittant prématurément l’école dans l’enseignement professionnel néerlandophone pour les principales communes et implantations de la Région de Bruxelles-Capitale ainsi que la périphérie bruxelloise.
Les chiffres concernent spécifiquement les allophones de 2e, 3e et 4e génération. Il s’agit du groupe le plus important de décrocheurs scolaires. Issus des générations successives de migrants, ils constituent le cœur et l’avenir de la population de la Région de Bruxelles-Capitale.
Ce qui frappe, c’est que pour Molenbeek-Saint-Jean, les écoles obtiennent de meilleurs résultats quand on les met en relation avec l’ensemble des habitants de la commune. Cela signifie que, si l’on devait malgré tout parler d’un taux de décrochage plus élevé (ce que les chiffres ne permettent pas d’affirmer), celui-ci proviendrait principalement d’écoles situées en dehors de la commune de Molenbeek, et dans une moindre mesure des écoles situées à l’intérieur de la commune.
Qu’observe-t-on encore ? Bien entendu, il ne serait pas correct de pointer du doigt des écoles individuelles, et encore moins des enseignants. Toutefois, les chiffres montrent que Molenbeek et Jette obtiennent des résultats relativement bons en ce qui concerne l’accrochage des garçons ; à Molenbeek, même meilleurs pour les garçons que pour les filles. À cet égard, Molenbeek constitue même une exception, à moins que cela ne puisse s’expliquer par le fait que de nombreux garçons de Molenbeek suivent un enseignement professionnel en dehors de la commune.
Encore une fois : il ne s’agit pas de cibler les écoles, mais il semble clair que quelque chose doit être fait au niveau de l’enseignement professionnel. Peut-on réduire cela à la question de l’allophonie ? On peut en douter en ce qui concerne une formation professionnelle… à un moment où, par exemple dans la construction à Bruxelles, on fait surtout appel à des travailleurs allophones d’Europe de l’Est et du Sud, qui ne maîtrisent pas particulièrement le néerlandais ou le français.
Et les résultats des écoles vers lesquelles de nombreuses familles du centre de Bruxelles envoient leurs enfants, en raison de la réputation de « meilleurs » quartiers, se situent au même niveau qu’ailleurs à Bruxelles, au moins pour le professionnel.
Analyse du groupe de travail ‘enseignement professionnel’, Foyer vzw
