Construire et planifier à Bruxelles… un désastre sans espoir


Johan Leman, 14 février 2025

À Bruxelles, on s’attendrait à ce que ceux qui construisent ou planifient un projet prennent toujours la peine d’examiner ce qui se trouve à quelques mètres sous terre. Ce n’est pas un hasard si Bruxelles signifie Broek-zele, un lieu sur un sol marécageux… Pourtant, cela n’empêche pas d’y entamer des constructions sans même consulter, par exemple, les cartes du XIXe siècle et plus récentes. Ainsi, on parle aujourd’hui d’une “Petite Senne” là où aucun bras de la Senne n’a jamais coulé, mais où un simple petit canal artificiel reliait directement deux courbes de la rivière. On s’étonne également de la nature marécageuse du sol à l’endroit où l’on prévoit des travaux de métro, ou encore du coût exorbitant de certains chantiers, comme celui du musée Kanal ! Un bon gestionnaire sait que les travaux prévus coûtent souvent plus cher que l’estimation initiale, mais… pas à Bruxelles.

Il n’était pas non plus acceptable de constater récemment qu’un promoteur immobilier ait demandé plus de 10 dérogations aux réglementations pour pouvoir construire une tour résidentielle de 14 étages sur un terrain près de la place Sainctelette, près du Foyer, sous prétexte que, suite à diverses spéculations, le terrain était devenu excessivement cher. (Heureusement, la ministre Persoons s’y est opposée, tout comme la commune.)

Un autre problème majeur est l’entêtement à mener à bien des projets planifiés et approuvés il y a plus de dix ans, alors que l’environnement a considérablement changé et que ces projets ne sont plus pertinents. Mais ils doivent être réalisés coûte que coûte… parce que les plans et le financement sont déjà établis. Un gaspillage onéreux dû à un cruel manque de flexibilité administrative. Sans aucune volonté de revoir les projets initiaux.

On attend par exemple de voir si la soi-disant “promenade verte” à Sainctelette (partiellement sous forme d’un canyon étroit et muré entre deux points chauds du trafic de drogue, que certains qualifient déjà de “shit avenue”) verra le jour… simplement parce que le projet a été planifié il y a plus de dix ans et que les fonds doivent absolument être dépensés aujourd’hui.

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