Johan Leman, 17 avril 2026
Il aurait fallu contrôler, il y a 10 ans, les différentes ASBL de la commune afin de vérifier si elles étaient effectivement actives à Molenbeek et ce qu’elles y faisaient précisément. Cela a été fait. OK.
On aurait également dû examiner s’il existait, en plus des lieux de culte officiellement déclarés (mosquées et églises), d’autres lieux de prière informels. Cela a aussi été fait, mais dans une moindre mesure. OK, mais cela aurait pu être mieux.
Mais surtout, il aurait fallu veiller à ce que la commune devienne structurellement saine sur le plan financier. Dans un premier temps, cela aurait dû impliquer de vérifier :
En ce qui concerne le cadre policier, celui-ci n’a jamais été rempli comme il aurait dû l’être, et aucun effort n’a même été entrepris pour vérifier si la norme KUL de 2001 était encore pertinente pour calculer un financement public adéquat. Cela n’a jamais été fait, avec pour conséquence que Molenbeek dispose d’un corps de police trop réduit, compte tenu de sa population et des problèmes existants.
Quant au CPAS, un système récemment mis en place au niveau fédéral fera en sorte que, d’ici 2027, Molenbeek ne sera plus en mesure d’assurer correctement ses missions élémentaires de paiement des revenus d’intégration.
Tout cela se produit dans une commune déjà financièrement fragile. Et ce ne sont certainement pas les pensions à venir des agents communaux statutaires qui permettront de combler le déficit structurel de la commune.
Un plan canal sérieux, tel que celui présenté il y a quelques années avec beaucoup d’effets d’annonce dans les médias et repris sans esprit critique par ceux-ci, aurait dû prévoir un plan sur 10 ans visant à redresser progressivement, tant sur le plan financier que dans l’exercice des missions fondamentales, la situation dans les quartiers populaires autour du canal à Bruxelles. Cela n’a pas été fait.
C’est ce type de gouvernance qui explique que, par exemple, certains endroits à Cureghem (Anderlecht), comme la place Lemmens, restent aujourd’hui confrontés à des problèmes déjà signalés il y a 40 ans, avec cette différence que la violence s’est accrue.
Heureusement, il y a la résilience des habitants eux-mêmes dans ces quartiers, ainsi qu’un tissu associatif local globalement performant. Il existe également une meilleure coopération entre la population et la police, cette dernière étant plus qu’avant ‘au service de la population’.
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