Johan Leman, 26 mai 2026
Je ne voudrais pas que ce blog soit lu comme un jugement de ma part sur certains récents reportages concernant Bruxelles. Je ne sais pas s’il s’agit ici d’un clientélisme structuré ou non. C’est au Parlement et à la Justice d’enquêter à ce sujet. Mais s’il devait réellement s’agir de clientélisme, je voudrais tout de même mettre en garde contre certaines conséquences inévitables…
En tant que jeune anthropologue, j’ai passé beaucoup de temps en Sicile, des années 70 jusqu’en 1980. L’une des structures qui y frappait l’observateur, et qui est également décrite dans la littérature consacrée à l’ancienne Sicile, s’appelle : le clientélisme.
Encore une fois, je ne veux pas parler ici de Bruxelles, mais de ce que j’ai appris en Sicile sur les conséquences d’un clientélisme excessif. Je ne souhaite pas moraliser, mais simplement signaler les effets négatifs que le clientélisme peut avoir sur la prospérité.
Quelle est la force du clientélisme ? La proximité, peut-être pas toujours avec le “boss” lui-même, mais surtout avec les amis (des amis) du boss. Et la faiblesse de l’alternative : celle-ci n’inspire pas confiance parce qu’elle menace de tout changer, et cela fait peur, surtout si à son tour il menace d’installer l’aléatoire.
Je laisse à chacun d’entre vous le soin de juger dans quelle mesure Bruxelles est vulnérable au clientélisme. Mais sachez que je laisse encore de côté toute la question de la corruption, dont on pouvait constater en Sicile qu’elle n’était souvent jamais très loin avec le temps — sans même parler d’autres dérives.
Non, vous ne me verrez pas porter un jugement sur la question de savoir si le clientélisme constitue réellement une menace pour Bruxelles. Mais je voudrais plaider pour que l’on reste vigilant à temps. L’ancienne Sicile m’a appris qu’il est très difficile de s’en libérer une fois qu’il s’est installé. Donc : prudence, sans tomber dans la paranoïa !
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