Mesures fédérales et quartiers pauvres de Bruxelles


Johan Leman, 23 septembre 2025

Que peut-on attendre à partir du 1er janvier dans certains quartiers en dehors des zones en cours de gentrification près du canal ?

Dans une commune comme Molenbeek, on s’attend à ce que 4.000 personnes perdent leur allocation et basculent vers l’aide du CPAS. Je ne prétends pas qu’il ne pose pas problème qu’une personne bénéficie d’allocations de chômage toute sa vie, tant pour l’intéressé et sa famille que pour l’État… La question est toutefois de savoir quel sera l’effet d’une suppression brutale et massive d’allocations de ce type dans des quartiers où, au total, cela concerne soudain 4.000 personnes ? Le CPAS pourra-t-il absorber ce choc ? Combien de ces 4.000 personnes trouveront un emploi ? L’impact sur le CPAS est une source légitime d’inquiétude. Si, en un an, un quart de ceux qui perdent leur allocation trouvent du travail, on pourra parler d’un grand succès.

Ce qui se produira, c’est un appauvrissement de nombreuses familles. Et cela intervient à un moment où :

  1. les loyers sont déjà extrêmement élevés,
  2. il existe un grave problème de trafic de drogue dans ces quartiers,
  3. l’ensemble de la zone souffre d’un sous-effectif policier (soit un déficit de 200 agents pour toute la zone dont Molenbeek fait partie),
  4. il faut redouter les économies à venir qui risquent de frapper également les associations de jeunesse.

Beaucoup de familles vont s’appauvrir. Comment certains parents réagiront-ils face à cette précarisation ?

  1. On peut espérer qu’un membre du foyer trouve du travail.
  2. On peut chercher un logement hors de Bruxelles, en espérant que les CPAS y soient moins débordés, ou peut-être dans l’espoir d’y trouver un emploi.
  3. On peut fermer les yeux sur un fils qui aide un peu comme « petit main » dans le business de la drogue, ou encore accepter de mettre son logement à disposition, contre rémunération, pour y cacher un petit stock de drogue.

Tout cela se passe dans des communes structurellement déficitaires, au sein d’une région structurellement déficitaire. Est-ce qu’on discute aussi de ça au fédéral quand on programme les mesures à prendre ?

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