Pourquoi certains jeunes font-ils preuve de tant d’agressivité envers la police et l’uniforme ?


Johan Leman, 16 octobre 2026

« Tout le monde hait la police ! » a crié récemment une jeune femme lors d’une manifestation. De leur côté, certains inspecteurs de police se demandent pourquoi certains jeunes réagissent de manière agressive, voire envers les pompiers ou les ambulanciers, lorsque ceux-ci viennent porter secours dans un quartier. Cela semble insensé.

Je vois trois raisons qui se conjuguent.

Chez certains, des expériences négatives liées à des interventions policières jouent un rôle. Cette perception négative est ensuite relayée auprès de leurs pairs, qui s’y identifient, même s’ils n’ont jamais eux-mêmes vécu de telles expériences. C’est la solidarité interne au groupe des pairs.

Parfois, cela s’inscrit d’ailleurs dans une expérience plus large d’hostilité à l’égard de la société dans son ensemble, perçue comme stigmatisante. Cette hostilité se reporte alors sur ceux qui en sont les représentants symboliques. Une personne qui, par frustration ou à la suite d’un traumatisme, éprouve de l’hostilité envers la société ne sera guère encline à prendre la défense de ceux qui agissent « au nom de » cette société — autrement dit, qui portent son uniforme. Je ne prétends pas que cette attitude soit justifiée.

Ajoutons à cela que, dans certains milieux, surtout à un jeune âge, il est considéré comme une preuve de force de ne pas se laisser impressionner par l’autorité et de l’afficher ostensiblement.

En résumé : des expériences négatives concrètes — ou rapportées par d’autres —, inscrites dans un contexte plus large de stigmatisation vécue comme hostile, auxquelles s’ajoute une composante liée à l’âge : le besoin de jouer les durs.

Comment, dans un tel contexte, instaurer la confiance « entre les deux camps » ?

En faisant en sorte que les jeunes puissent, le plus tôt et le plus régulièrement possible, se rendre compte que les personnes qui portent ces uniformes sont, au fond, des gens comme eux. Et que ces personnes ont choisi, dans le cadre de leur métier, de servir les habitants de leur propre quartier, celui où vivent ces jeunes… Certes, des erreurs peuvent parfois se produire, mais cela fait partie de la réalité de tous les métiers.

Pour y parvenir, rien de tel que des rencontres mutuelles, au cours desquelles les points de vue sont échangés en toute franchise, ainsi que des initiatives communes, positives et organisées à intervalles réguliers.

C’est précisément dans cette voie que nous nous engageons depuis quelque temps, à Foyer et au Musée de la Migration, en collaboration avec la police locale.

Il faut oser aller à l’encontre des représentations dominantes, au grand jour et devant tous.

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