Les avertissements de Julien Moinil doivent être pris au sérieux


Johan Leman, 12 octobre 2026

Il y a quelque temps, Julien Moinil déclarait qu’à Bruxelles, 162 jeunes figuraient sur une liste d’attente pour obtenir une place dans un établissement fermé francophone, tandis que 98 autres attendaient qu’une équipe mobile d’accompagnement soit disponible.

Deux questions mériteraient d’être posées. Premièrement, combien de ces jeunes ont participé, le visage masqué, aux récents actes de vandalisme à Bruxelles ? Deuxièmement, combien d’entre eux font-ils quotidiennement savoir à leurs pairs qu’à Bruxelles, on peut tranquillement vendre de la drogue, parce que c’est lucratif et qu’on ne risque absolument pas de passer plus d’une nuit en cellule ? Dans certains milieux, cela peut même conférer un statut de héros… Après les dernières émeutes, on a une nouvelle fois assisté au même scénario.

Dans une autre déclaration, Moinil a indiqué qu’un député bruxellois l’avait sollicité afin de faire libérer une personne qui se trouvait en prison. Ce député ne se rend-il donc pas compte que ce genre d’intervention relève en réalité d’une société mafieuse ?

Nous savons depuis de nombreuses années que le clientélisme est une réalité à Bruxelles. C’est une pratique perverse avec laquelle les Bruxellois ont dû apprendre à vivre. Est-elle devenue une pratique généralisée ? Heureusement, pas encore. Mais nous constatons désormais qu’à Bruxelles, en plus de cela, l’impunité commence à s’installer pour des jeunes qui commettent déjà des infractions graves.

L’excuse qui revient sans cesse est celle d’un débat sur la répartition des compétences… et du temps qu’il faudrait pour résoudre ce genre de problème. Ce qui manquait encore au tableau, c’est qu’il y ait aussi un parlementaire qui estime — apparemment — qu’il est permis de glisser un mot auprès de la Justice afin d’obtenir, grâce à son intervention, l’annulation de la peine infligée à un ami ou à un membre de sa famille.

Nul besoin de vouloir être plus irréprochable que les plus irréprochables, mais il serait grand temps de tracer plus clairement la frontière entre ce qui est normal et ce qui ne l’est pas à Bruxelles.

Espérons que suffisamment d’associations de la société civile sauront continuer à tracer clairement cette frontière, tout en tenant bon elles-mêmes. Car c’est de là que devra venir l’espoir pour les jeunes, à présent que les responsables politiques capitulent dans une large mesure et que de nombreux politiciens semblent surtout préoccupés par eux-mêmes et par leur propre avenir.

Retour