Région de Bruxelles. S’obstiner à opposer son veto = vivre dans une bulle


Johan Leman, 26 janvier 2026

Toutes les quelques années, les citoyens sont appelés à voter lors d’élections. Beaucoup de gens hésitent-ils à aller voter ? Oui, car le résultat d’une élection ne dépend jamais d’un seul vote individuel. Mais la plupart des gens se rendent compte que si tout le monde pensait ainsi, le système ne fonctionnerait plus. Ils le font donc. La démocratie est un engagement. Il faut vouloir qu’elle réussisse.

Que doivent penser ces mêmes personnes, qui hésitaient déjà, lorsqu’elles constatent aujourd’hui que les élus eux-mêmes ne font pas fonctionner le système ? D’accord, ils sont payés et peuvent se retirer dans leur bulle… mais faut-il pour autant que tant de personnes sacrifient gratuitement la moitié de leur dimanche dans quelques années? Faut-il à nouveau libérer la moitié d’un dimanche dans quelques années pour une telle mascarade, sachant que les cartes ne seront pas beaucoup plus faciles à jouer ?

Je pense que tout le monde accepte que les partis politiques exercent leur droit de veto pendant quelques semaines : pour se positionner, ou pour faire monter le prix de leur participation, etc. Mais il arrive un moment où l’art politique consiste avant tout à réinterpréter les vetos, à les transformer en  compromis acceptables ou à les contourner. Une partie de la base sera mécontente ? Eh bien, c’est ainsi que fonctionne la politique… Il appartient alors à celui qui a fait le compromis de démontrer que ce qui a été obtenu l’emporte sur ce qui a été « trahi ».

L’art pour un parti politique ne consiste pas à s’obstiner à maintenir des vetos. Même un enfant peut le faire. Ne pas comprendre cela, c’est vivre dans une bulle.

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