Le contact entre gouvernants et citoyens dans les quartiers populaires


Johan Leman, 10 novembre 2022

Une tension, voire une relation conflictuelle, peut naître entre des gouvernants et les citoyens, ce qui peut encore se compliquer si la société civile, qui prétend servir de médiateur entre ces gouvernants et les citoyens, réagit de manière très différente et divisée aux initiatives et aux plans des gouvernants.

D’une part, les gouvernants peuvent prétendre à juste titre qu’ils ont le droit d’élaborer et éventuellement de faire passer une politique. D’autre part, les gouvernants doivent en même temps se rendre compte qu’ils ne représentent pas tout le monde et qu’un problème se pose lorsque leur propre base est divisée sur ce que font ses représentants élus. A Bruxelles, cela risque de devenir de plus en plus le cas. De nombreux citoyens ont le sentiment qu’un petit groupe de fonctionnaires  veut imposer sa vision de manière autoritaire, alors que cette petite minorité manque souvent de connaissances concrètes du terrain.

Je pense que les gouvernants ont tout intérêt, s’ils veulent rester soutenus, à se reconnecter plus étroitement à ce qui vit au sein de la population. Ils le feront en respectant le contact avec cette partie de la société civile qui est vraiment en première ligne, en contact étroit avec les gens ordinaires, et pas seulement avec des porte-parole privilégiés qui ont facilement accès aux médias et aux cabinets des gouvernants. Et ils le feront également par le biais de conversations réelles en porte-à-porte avec les gens sur ce qui résonne vraiment chez  eux.

Cela empêche-t-il de faire de la politique ? Non. Est-ce que ça prend un peu plus de temps ? Oui. Mais les gouvernants auront moins d’objections et de résistances à surmonter par la suite, et probablement ils seront moins sanctionnés négativement au moment d’élections. « A bon entendeur… ».

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